dimanche 13 avril 2008

Ce n'est qu'un au revoir !


Allez, comme on dit, je change de crèmerie : je déménage à l'adresse suivante :





J'attends vos visites et vos commentaires ! A bientôt !




mercredi 9 avril 2008

Quand tout bascule...


L'instant d'avant, elle était encore une toute jeune femme d'une vingtaine d'années qui avait tout à vivre... Une famille, des amis, un travail dans lequel elle côtoyait quotidiennement Nathalie. Un travail pour lequel elle avait fait ses preuves, ce qui lui avait valu d'être gardée alors que ce n'était pas prévu au départ. Bref, une femme qui avançait dans la vie, une vie pleine de promesses où le meilleur restait probablement à venir.

Et puis, une vie qui bascule au détour d'une route. Une saloperie d'huile sur la chaussée semble t-il. Les circonstances ne sont pas très claires mais finalement qu'importe. Perte de contrôle. Violence extrême du choc contre un arbre. Une seconde où tout bascule. Une vie qui se brise.

Son pronostic vital est engagé. C'est tout ce que je sais au moment où j'écris ces lignes. Transportée en urgence à Bordeaux en hélicoptère, elle a sombré dans un coma peu rassurant. Les médecins ont déjà prévenu qu'il y aurait, dans le "meilleur des cas", des séquelles physiques voire cérébrales irréversibles.

Après, il y a l'espoir. Celui d'une famille. D'amis. De collègues. On se raccroche à l'idée que dans plusieurs mois ou années, tout pourrait redevenir comme avant. Que tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir. Et un peu de lumière.

Alors que lui souhaiter ? Qu'elle s'en sorte finalement ? Bien sûr mais au prix de quelles souffrances ? L'avenir n'est guère prometteur de toute façon. Sa vie s'est arrêtée à l'instant où ce maudit arbre s'est trouvé sur sa route.

Peut-on revivre après ça ? Je le lui souhaite en tout cas.
Mais pas à n'importe quel prix.

mardi 8 avril 2008

10 ans déjà !


Le 8 avril 1998, je rencontrais Nathalie dans un des bars de Limoges. Pur hasard, d'autant que je n'étais là que pour une semaine de vacances, à une époque où je vivais en Aveyron. Mais d'anciens amis de fac me manquaient et je m'étais fait inviter chez l'un d'eux pour quelques jours. C'est grâce à un ami commun que Nath et moi nous nous sommes rencontrés.

Le 10, nous "sortions ensemble" (ben oui, faut faire vite quand on a qu'une semaine devant soi !) et quelques semaines après, je quittais tout en Aveyron, notamment mon job d'aide-éducateur, pour la rejoindre à Limoges. Ses parents, si je me rappelle bien, ont du me rencontrer une fois que j'avais emménagé chez leur fille. Je vous laisse imaginer le malaise des premières rencontres. Je leur avais "pris" leur fille et en plus je débarquais de nulle part après avoir démissionné. Le mec sérieux et stable, quoi ! Mais ce serait à refaire, je referais pareil. Au même âge en tout cas. Je savais ne pas vouloir de relation à distance, c'était un choix. Et quitte à tout envoyer bouler pour s'offrir une nouvelle vie, mieux vaut le faire à 25 qu'à 35 ans.

Bref, dix ans traversés ensemble, un mariage le 7 avril 2001 (Tiens, encore un anniversaire ! ), avec de nombreux beaux moments. Et quelques tempêtes aussi. Des crises où le couple était parfois sur le fil du rasoir. Mais dont nous sommes sortis. Une vie de couple, quoi, avec ses bons moments et ses zones d'ombre. Et avec une évidence : de l'amour toujours et, au bout des galères, l'envie de continuer le chemin à deux. Malgré ce qui nous oppose et qui fait aussi probablement notre force, le ciment de notre relation.

Nath me donne de l'amour au quotidien, sans compter. Elle donne probablement bien plus qu'elle ne reçoit. Parfois, je m'en rends compte et je rectifie le tir. Dix ans à partager ma vie, c'est pas une sinécure tous les jours. Mais pour l'instant, ça ne nous réussit pas trop mal. L'important, je crois, c'est de ne pas trop se poser de questions ni chercher à qualifier l'amour qui nous unit. Juste être bien ensemble et vouloir continuer l'aventure sur les océans parfois capricieux de l'existence.

Rendez-vous en 2018 pour les 20 ans... Houlà, le plus tard possible, hein !




dimanche 6 avril 2008

Absences et mea culpa…



Depuis le début de l’année, hormis le mois de mars où il ne m’a pas été possible de me connecter, je brille par mon absence. Auprès de mes amis. Auprès d’un forum que j’ai moi-même créé comme un lieu d’échange et d’amitié où il ferait bon se retrouver.

J’ai longtemps cherché à en extirper la cause. C’est jamais très évident parce que c’est aussi un bon moyen de se trouver parfois des excuses.

Sauf que des excuses, je n’en ai pas. Car une si profonde lassitude, un spleen si envahissant, peut-il justifier de mettre en péril ces amitiés si profondes enrichies de rencontres « pour de vrai » ? Je ne le pense pas. Une amie m’a dit que je devais être en déprime… et que de là à la dépression, il n’y avait qu’un pas. Avec du recul, je suis conscient d’avoir probablement effleuré ces frontières sombres où l’on se perd parfois. Avec du recul, je ne peux plus dire que tout allait bien, que « je n’avais pas de problèmes ».

Sauf que je n’analyse toujours pas ce qui m’est arrivé. Je me souviens juste d’un manque d’intérêt pour tout, de ma difficulté à avancer (surtout celle à vouloir avancer). Je ne prenais plus de plaisir, ni dehors, ni dedans, je n’étais bien nulle part. J’aurais voulu remonter le temps, revenir au mois d’août, prendre la voiture pour accueillir mes amis à quelques kilomètres de notre ancienne maison paumée en campagne. Heureusement que je ressentais ce manque. Cette envie de revoir mes amis, à défaut de daigner leur parler virtuellement.

Je n’ai pas de réponse à ce désintérêt, même s’il m’a fait peur parfois. Je n’allais pas mal pourtant. Nath était là, le boulot aussi, sans mauvaise nouvelle particulière. La vie suivait son cour de façon plutôt agréable. Et pourtant, inexorablement, je me détachais toujours un peu plus… Je savais ce que je risquais, de me retrouver « seul » et même ça ne suffisait pas à faire office d’électrochoc. Je me suis alors rappelé de ce que l’on m’avait dit lorsque j’avais trouvé mon job à l’ANPE en novembre dernier : « on n’est pas bien lorsque ça va mal, mais on ne va pas forcément bien non plus lorsque ça va mieux ». Je pensais avoir tout résolu le jour où j’avais acquis une certaine « stabilité » professionnelle (guillemets parce que c’est un mot qui ne veut plus dire grand chose par les temps qui courent). Mais je crois finalement que je n’avais rien résolu du tout et que certaines plaies étaient restées ouvertes.

Enfin bref, qu’importe… C’est peut-être de la psychologie de bazar… C’est juste le résultat de longues heures de réflexion pendant lesquelles je n’étais pas fier du gâchis que j’étais en train de faire. Mais, comme je l’ai dit, rien n’excuse mon comportement… ou mon absence de comportement.

Alors ce soir, mes pensées vont vers tous ceux qui ont pâti de mes errements. Notamment trois d’entre eux : Réverbères, Brigitte et Grain de Sel. Trois piliers affectifs qui ont subi de plein fouet mes absences et qui ont dû en retirer une grande souffrance. Il y a eu un « avant », j’espère qu’il y aura un « après ». Et que la fêlure n’aura pas trop entamé le ciment de notre amitié. Même si j’ai été tout sauf votre ami depuis de longs mois.

J’espère que vous me pardonnerez, même si pas tout de suite.
Je vous fais toutes mes excuses. Sincères.






Nicolas


En ce moment, j’écoute beaucoup Nicolas Peyrac. C’est même lui qui trône en ma compagnie sur mon fond d’écran sur une photo prise lorsque nous avions trinqué autour d’un bon verre de Monbazillac lors de son concert à Bergerac en 2006. Et au cas où j’aurais vainement voulu l’oublier, le déménagement l’a rappelé à mon bon souvenir lorsque j’ai du décrocher l’affiche géante dédicacée lors de ce même concert avant de l’enrouler précautionneusement.

Nicolas Peyrac me manque. Malgré ses disques. L’impression d’une amitié dont on ne sait pas si elle est en suspens ou engloutie à plusieurs mètres de fond sous des eaux troubles.
Oui, le forum qui lui était consacré est fermé. Oui, il y a eu des clashes entre membres. Et des mots. Qui, finalement, ne le concernaient pas vraiment…

Bref, je ne comprends pas ses silences. Mes mails restés sans réponse. Je ne me rappelle pas lui avoir jamais manqué de respect, même lorsque nous étions en désaccord ou que nous avions des mots, à une époque où il aimait rappeler que « ce ne sont que des mots ».

Et puis, les mots, parfois, ça a du bon. Ca fait souffrir mais paradoxalement, ça procure aussi des moments de joie intense. Aurais-je vibré à ce point à l’Européen jusqu’à en avoir les larmes aux yeux à l’issue du concert ? Me serais-je mis à nu en écrivant un CR du concert où les émotions affleuraient à fleur de peau ? Aurais-je eu les mêmes mots que ceux que j’ai pu avoir avec son frère Alain, un mec adorable dont j’espère vraiment qu’il va bien et qui me manque aussi.

Nicolas ne lira probablement jamais ce message. Et ne saura donc pas à quel point la situation me fait ch… Rien qui ne m’empêchera toutefois de continuer à l’écouter et, peut-être d’aller le voir. Peyrac à Sarlat, ça le ferait, non ? Rêver n’a jamais fait de mal à personne alors… à nos prochaines retrouvailles !


J’espère…

Sucres en folie


Il y a quelques semaines, j’ai été malade. Vomissements puis légère aphonie, rechute puis aphonie complète pendant trois jours. Prise de sang. Je reçois les résultats que je parcours un peu vite. Je ne m’inquiète pas, pas plus que mon toubib apparemment puisqu’elle ne me rappelle pas. Mais quand Nath va la voir pour un truc bénin la concernant, elle lui dit que pour elle, c’est ok, mais que pour moi, c’est pas ça et que je dois la voir rapidement.

Alors que tout me semblait normal au premier abord, j’avais en fait complètement zappé le taux de triglycémie qui est le double du taux normal. Bref, j’ai beaucoup trop de sucre dans le sang. Je suis un peu surpris vu que je suis surtout attiré par le salé (ce qui n’est guère mieux me direz-vous) mais bon, vu que tout est sucré maintenant, même dans le salé……………….

En plus, en y réfléchissant, mon nouveau boulot n’a pas que des avantages. Le fait de bosser le matin et de finir à 13h par exemple. L’inactivité qui s’ensuit est la porte ouverte (surtout celle du frigo) à tous les excès. Grignotage + quelques pêchés-mignons comme les Sundy ou les Ballisto = Aieaieaie ! A moins que ce ne soit les mignonnettes belges (Comment ça, c’est un message subliminal ? Mais pas du tout Brigitte !)

En tout cas, on peut se trouver des excuses mais le résultat est là. Faut réduire les sucres. D’ailleurs, ma toubib, charmante au demeurant, a des arguments de poids : risques au niveau du pancréas, diabète… Bref, je vais devoir me faire violence.

Alors depuis, je mange quantitativement pareil mais avec une alimentation plus équilibrée. Et bam, 7 kilos perdus en 7 jours. Je suis sûr que le taux de triglycémie va prendre le même chemin… Et après 3 semaines, moins 11 kilos au compteur !

La suite du feuilleton… quand j’aurai perdu encore quelques kilos…


Home Sweet Home


Enfin ! Nous y sommes ! Depuis le début du mois de mars, nous avons déménagé. Nous n’en pouvions plus de l’autre maison, celle où il faisait pourtant si bon vivre et où nous avons accueilli pour une semaine de pur bonheur Fmg et Brigitte, bonheur complété par la visite de Cath et de toute la famille.

Seulement, comme on dit, l’arbre cache souvent la forêt. La maison a vite montré ses limites et nous les nôtres. Humidité faisant remonter le salpêtre, canalisation non protégée qui gèle et qui éclate (on passera sur les mètres cubes d’eau perdues… et les sous qui vont aller avec), éviers bouchés, chauffage électrique qui fait disjoncter l’installation, début d’incendie dans la cheminée… stOOOOOOOOOOOOOOp ! ! !

Face à tous ces petits désagréments qui, mis bout à bout, commençaient à faire beaucoup, je me suis vite dit qu’il fallait changer. Et pour du neuf parce que Nath et moi, question bricolage, c’est pas ça ! Et quand on a cherché, on a eu de la chance. Un lotissement tout neuf (un an), isolé avec double vitrage et un peu de terrain, 120m² de surface habitable, à quelques encablures du village même de Carsac Aillac (du coup, on est plus proche de tout). On a craqué et on a réservé très vite le logement, ce qui ne semblait pas gagné quand la mairie nous a demandé si nous avions des enfants. Mais bon, nous l’avons obtenu, nous sommes pleinement satisfait et les cartons sont presque tous déballés. Bref, nous sommes chez nous et nous nous y plaisons énormément. Et tant pis si nous sommes une fois de plus locataires, je préfère ça plutôt que d’être proprio à 70 balais d’une baraque qu’il aurait fallu sempiternellement rafraîchir.

Et c’est fou ce que ça change au niveau de la vie en général quand on est bien chez soi ! Avec des grandes pièces lumineuses. Finie la pénombre.


Bon, j’ai assez fait de blabla comme ça… les photos parleront davantage et sans doute mieux.Mais je crois que certains vont être obligés de revenir maintenant qu’on a déménagé. Isa et Laurent ont franchi le seuil ce week-end… et les autres ?

samedi 5 avril 2008

La guerre des moutons



« Là où Isa passe, la poussière trépasse » ou « La poussière ne passera pas par Isa » pourraient être quelques uns des multiples slogans publicitaires si notre amie venait à se reconvertir dans une entreprise de nettoyage par exemple.


Après environ 10 années d’amitié, j’ai des foules de souvenirs en tête, tous plus émouvants les uns que les autres : Isa avec un Spir 2000, Isa avec un balai, Isa avec un balai brosse, Isa avec un aspirateur, Isa avec une éponge… (La série des « Martine » n’a qu’à bien se tenir)


Et pas moyen d’y échapper : Si, en mangeant, je m’avance trop sur ma chaise, Isa attaque aussitôt la nappe avec une éponge. Si je change de tactique en me reculant, elle rapplique aussi sec avec une brosse et une petite pelle à l’attaque de l’unique miette sur le carrelage.


Elle est comme ça, Isa. Serviable en toutes circonstances. Alors ce week-end, nous lui avons acheté des chocolatines bien croustillantes, celles qui laissent tomber des miettes par poignées entières. Il fallait la voir ensuite, les larmes aux yeux, si heureuse de pouvoir se consacrer à son passe-temps favori. Et nous, tous autour d’elle, étions si touchés de la voir si épanouie que nous la regardions faire en silence, l’estomac noué par tant d’émotion.


Alors, j’ai immortalisé ce moment. Unique, je vous dis. Regardez cette joie, ce sourire, cette gratitude !


C’est beau, non ?


jeudi 22 novembre 2007

L'art difficile de vivre en famille


On dit souvent qu'un sujet en amène un autre. J'ai précédemment évoqué ma difficulté d'assister au traditionnel repas de famille à l'occasion des fêtes de Noël. Je tiens néanmoins à préciser que ça n'enlève rien aux qualités de mes beaux-parents que j'ai évoquées par ailleurs, voici plusieurs mois.


Je crois surtout qu'au delà de ces faux problèmes de repas "de groupe", c'est le concept même de famille qui me pose problème et que je ressens comme une intrusion parfois violente dans ma petite existence.


Je ne cherche pas à me justifier. D'ailleurs, je n'en ai nullement besoin et personne ne me le demande. Mais je crois que lorsque l'on n'a jamais eu le sentiment d'appartenir à une famille jusqu'à un stade relativement avancé de sa vie, c'est très difficile ensuite d'aller vers des gens "étrangers", malgré leur bienveillance et leur attachement. Les parents de Nath voudraient que je sois plus famille, que l'on vienne plus souvent, ou que les appels téléphoniques soient aussi plus nombreux... mais j'ai du mal avec tout ça, et le mot est faible. Car je ressens tout cela comme l'intrusion d'un mode de vie, d'une éducation qui m'échappe et que je n'ai pas connue.


On a tous sa vie, son propre cheminement, avec les hauts et les bas qui font ce que nous sommes. Loin de moi ici l'idée de me plaindre. Ma vie ne m'a globalement pas convenu mais il y a pire ailleurs. Et j'ai Nath. Et d'autres qui tiennent à moi, à nous.


La famille. Un concept vague pour quelqu'un qui n'a plus vu son père depuis l'âge de quatre ans. Un père que je ne regrette pas, assurément violent et probablement escroc. Où qu'il soit aujourd'hui, surtout qu'il y reste. Mais l'idée de famille sans présence masculine, déjà ça coince. Etre fils unique n'a rien arrangé. Aucun contact avec la famille du côté paternel et une famille éclatée du côté de ma mère. Le souvenir de vacances forcées à la campagne chez l'un de mes oncles où il ne faisait pas bon être le sale gamin de la ville. Le souvenir d'une cave sombre et humide dans laquelle mes cousins et moi étions parfois enfermés. Une mère qui a fait ce qu'elle a pu avec les moyens du bord mais qui a cruellement manqué de tendresse, de fierté envers un fils qui aurait tant voulu qu'elle le regarde vraiment. Une mère enfin qui aurait tant désiré une fille et qui a reporté l'affection dont elle était capable sur sa nièce.


Bref, une enfance solitaire, si ce n'est, quand même, quelques vacances mémorables avec un autre de mes oncles, toujours du côté de ma mère, que j'aime comme un père malgré la distance géographique.


Un môme solitaire donc, plongé dans ses BD et ses dessins. Une bulle bien à soi pour un gamin qui se fait ses propres héros. Et qui rêve. Beaucoup. Seul.


Et puis, suite à ma rencontre avec Nath, je me retrouve catapulté dans un monde qui m'est tout sauf familier. Un monde où le concept même de famille est roi, pas forcément la proche famille d'ailleurs mais aussi cousins éloignés. Un monde où les gens aiment se voir, recevoir, prendre des nouvelles, mais aussi aiguiser leur curiosité, la frontière est si mince... Un monde bienveillant mais dans lequel j'étouffe presque immédiatement. Les repas réglés comme du papier à musique se multiplient. Tout le monde s'amuse et essaie sincèrement de me mettre à l'aise. Alors je joue le jeu, après tout, ces gens sont bien gentils. Mais hors champ, je n'y arrive pas. Les sollicitudent m'ennuient, me compriment.

Le mariage sera à l'image de cette nouvelle vie dont j'ai la sensation qu'elle me glisse parfois entre les doigts. Je veux une cérémonie intimiste et nous serons plus de 100.


Les débuts avec les beaux-parents Georgette et Alexandre sont tendus. Les pauvres, ils rentrent de cure et apprennent que leur fille a emménagé avec un parfait inconnu. De plus, je ne leur facilite pas les choses de par mon côté sauvage exacerbé.

Petit à petit, on s'apprivoise. Mais je reste félin. On peut m'approcher mais je n'appartiens à personne et c'est encore vrai aujourd'hui. Ils s'inquiètent lorsque je ne vais pas bien, m'encouragent lorsque je tiens le bon bout, et sont sincèrement ravis lors de réussites ponctuelles. Mais je garde malgré tout cette distance qui fait que, même lors de repas dits de famille, je ne m'intègre pas vraiment. Mais c'est délibéré. A plus de 30 ans, l'idée de famille n'est pas naturelle pour moi. Je peux idéalement faire avec, parfois même reconnaître ses bons côtés, mais je ne peux adhérer.


Si j'avais connu ça tout marmot, je crois que ça m'aurait bien plu. L'appartenance à une famille et la reconnaissance qui va avec. Mais à présent, la seule chose dont j'ai besoin, c'est cette soif de liberté, d'indépendance. Je n'oublie pas celle avec laquelle je partage ma vie. Je n'oublie pas d'où elle vient. Son vécu, ses besoins. Mais que c'est dur parfois.


La famille, c'est vraiment pas simple quand on n'a pas appris...

mercredi 21 novembre 2007

Noël, fête de famille ?





J’aime Noël et aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours ressenti un petit pincement au cœur à l’approche de ces fêtes. Autant le 1er janvier et ses « bonne année » me sont difficilement supportables, autant Noël procure chez moi une sorte de joie intense.


Pourtant, difficile d’expliquer pourquoi Noël garde cette dimension un peu féerique. Après tout, Papa Noël a tombé le masque depuis bien longtemps, rares sont les paquets que je pourrais avoir la frénésie de déchirer, les chèques et les « cadeaux utiles » les ayant remplacé depuis belle lurette. Et j’en connais un rayon en cadeaux dits utiles comme le jour où, pétri de gratitude envers belle-maman, je reçus comme un don du ciel… un convertisseur en euros.



J’aime le sapin et son odeur de résine mais je n’en achète quasiment jamais. J’aime l’arbre décoré et illuminé mais je déteste m’atteler à cette tâche. J’aime les cadeaux mais je n’en ai plus. J’aime le Père Noël mais je n’y crois plus.


Alors quoi ? Que reste t-il de cette magie de l’enfance ? A vrai dire, pas grand chose. Sauf que tout m’y ramène toujours : les illuminations dans les rues, les animations dans les magasins, les marchands de sapins sur les marchés, les mômes émerveillés devant cette surenchère de lumières et de couleurs, le fait de savoir que certains croient encore au Père Noël en se demandant s’ils seront gâtés s’ils sont sages une semaine avant le jour J.



Mais Noël, c’est aussi le traditionnel repas de famille et là, j’ai du mal. Chaque année, Nath et moi ne sommes pas d’accord. Il faut d’abord dire ici que, personnellement, je n’associe Noël à aucune fête religieuse et qu’à ce titre, je me fiche éperdument des traditions « qui voudraient que ». Je préfère cent fois vivre la nuit de Noël à deux, quitte à entretenir la magie de l’instant avec un bon repas autour d’un sapin décoré, plutôt que de satisfaire au sacro-saint « repas de famille ».



Alors oui, on va me taxer d’égoïste et c’est sans doute vrai. Mais je ne prends pas de plaisir lors de ces occasions, à quelques rares exceptions près. On revoit les mêmes personnes pour un repas où tout est codifié, décidé, préparé. Il faut faire aussi avec l’âge et la santé de chacun. Oui mais moi, ce jour là, je ne veux pas faire d’efforts, y compris pour « faire plaisir ». Je veux me faire plaisir à moi, retomber en enfance, rêver quelques instants. Etre libre et ne pas me sentir confiné. Je n’aime pas que l’on sorte les grands services dont on se rappelle une ou deux fois par an ou que l’on rit poliment à un mauvais jeu de mot « parce que c’est fête ».



Bref, que ferons nous pour Noël ? Nathalie veut aller chez ses parents et moi n’importe où ailleurs. Si c’est comme chaque année, je vais encore finir par céder. Nous irons alors voir Georgette et Alexandre, nous serons bien reçus bien sûr et le repas, pensé de longue date, sera délicieux à n’en pas douter. Quelques bons mots égaieront la journée.


Mais la magie de Noël dans tout ça ?


Je me demande si je vais pas finir chez ma mère, tiens !

dimanche 18 novembre 2007

Nouveau job, nouvelle vie ?


Ici et là, des amis me demandent comment s'est passée ma rentrée puisque j'ai débuté un tout nouveau travail depuis le 2 novembre.


C'est vrai que je ne suis pas très loquace sur le sujet, peut-être parce que, finalement, je ne savais pas trop quoi en dire... On ne sait pas forcément dire les choses quand tout va mal mais il semblerait que ce ne soit guère plus facile quand tout va bien.


Parce que tout va bien, en tout cas autant que possible. J'ai été très bien accueilli, je me suis assez vite adapté à ma nouvelle équipe et à mon rythme et mes horaires de travail. J'ai un bureau et un ordi perso dans une salle que je partage avec deux autres collègues. Ma chef sait que j'aime bien être cadré donc elle m'a imprimé une fiche de poste avec ce que je dois faire chaque jour. Et elle prend aussi de son temps pour que j'acquiers des compétences supplémentaires. Elle aime mon côté méthodique, mes "prises de notes" systématiques et on se retrouve dans une certaine logique de travail.


Après, reste la période d'essai d'un mois. En principe, je ne vois pas trop ce qui pourrait m'arriver. Mais beaucoup savent ici ce qui est arrivé à Nath dernièrement alors je ne crierai victoire que lorsque je serai en passe de revenir le 3 décembre.


Pour rappel, je bosse à l'ANPE de Sarlat, 26 h par semaine, tous les matins et le lundi après-midi. Je m'occupe de tout un pan administratif qui englobe principalement traitement du courrier et tel. Et autres petites choses diverses.


Bref, tout va bien pour l'instant. Pas de raison que ça ne dure pas.


Vivement le 3 quand même...


jeudi 15 novembre 2007

Des étoiles et du rêve à portée de main


Vu que des sujets plus sombres ne m'inspirent guère alors qu'il y aurait pourtant de quoi faire, et vu que je ne suis guère productif en ce moment au niveau des nouvelles (quoique...), me voilà reparti sur des sentiers empreints de légèreté...
Ce soir, j'ai passé une heure à côtoyer les étoiles, à sauter de planète en planète en laissant dans mon sillage des ornières de poussières cosmiques. J'ai ressenti une sorte de paix intérieure phénoménale, quelque chose de jouissif et d'apaisant. De reposant et d'excitant. Une heure où mon coeur d'enfant s'est mis à battre comme aux plus belles heures. Un vrai gamin, je vous dis, perdu dans sa bulle et heureux parmi les étoiles.

Et puis un voyant s'est allumé. Je n'avais plus de piles, ben oui, c'est ballot... Alors j'ai éteint ma petite console à rêves.



J'ai découvert les jeux vidéo sur le tard, à 26 ans. Je n'ai jamais été un accroc, un "gamer" comme on dit. Pas du genre à y passer mes journées et encore moins mes nuits. Pourtant, depuis presque dix ans, j'ai vu les consoles se succéder, les jeux évoluer, les moeurs changer...

J'ai découvert de beaux univers, des mondes colorés à explorer, des énigmes à résoudre...

Je pouvais y passer une à deux heures par jour pendant 15 jours puis ne plus les allumer pendant trois mois. Et puis de temps en temps, l'appel au rêve était le plus fort et me prenait par la main, me faisant alors rallumer la console pour quelques moments plus ou moins éphémères.



Et puis, le temps et l'âge aidant, on ne cherche plus seulement le rêve ou la richesse d'un univers. On cherche à être surpris, captivé, à prendre une vraie claque vidéoludique.

Et ce soir, cet instant est arrivé. "Super Mario Galaxy" est le jeu. Celui que je n'attendais plus et qui revisite le genre avec une force qui force le respect. Bien sûr, je ne convaincrai sûrement pas les réfractaires aux jeux vidéos. Et pourtant. En seulement une heure de temps, en ayant probablement exploré de 2 à 3 % de l'univers du jeu, j'ai ressenti un plaisir immense, une immersion totale, avec une jouabilité si intuitive que tout semble couler de source.


Bien sûr, il faut l'avoir vécu au moins une fois pour comprendre. Car tout est du domaine du ressenti, de l'émotion, de l'émerveillement qui vous envahit. Les mots sont superflus et ne convaincront pas les sceptiques. C'est juste une expérience à vivre. Dans ce domaine ou ailleurs.

Bref, j'ai pris du plaisir. Et j'ai de la reconnaissance pour ces gars qui nous font rêver sans ménager leurs efforts. Je n'aime pas les jeux de baston ou de guerre mais la critique serait probablement facile alors que, pourtant, certains y trouvent leur compte. Moi, ça m'échappe. J'ai besoin de m'évader, de rêver. Et certaines pépites comme ce jeu me rappellent que c'est encore possible.


Merci à ma petite console à rêves.

mardi 6 novembre 2007

L'araignée est làààààààààààààààààààà !



Encore un message qui ne restera pas dans les annales de par sa profondeur, mais que voulez-vous, il fallait bien que j'actualise un peu mon blog.

Je sens poindre une déception chez la plupart d'entre vous. D'une part, vous ne verrez pas, malgré ce titre honteusement trompeur, de bébêtes velues, mais en plus vous allez vous coltiner une nouvelle leçon de pseudo nostalgie.


Car Spiderman, c'est toute mon enfance. C'est d'ailleurs pourquoi je continue à le lire à 35 ans comme le grand enfant que j'essaie de rester tant bien que mal même si, franchement, on n'est pas toujours aidé.


A ce stade précis d'écriture, je prends subitement conscience que tout ça est d'un chiant. Je ne vais pas repartir sur une introspection, ça va me donner mal à la tête et j'ai pas envie de me prendre le chou.



Du coup, pourquoi ne pas plutôt chanter tous ensemble ce fabuleux générique de 77 de la toute première série animée de Spiderman, tellement kitch... Allez, je donne le laaaaaaaaaaaaaaaaaaaa...

L'Araignée, l'Araignée
Est un être bien singulier
Dans sa toile, il attend
D'attraper les brigands
Attention !
Car l'Araignée est là


Il est fort, agressif
Il a du sang radioactif
Il s'envole sur un fil
Et fait fi du péril
Attention !
Car l'Araignée est là


Si parfois la nuit
On découvre un mystère
L'Araignée surgit
Aussi vite que l'éclair


L'Araignée, l'Araignée
Toujours là pour nous protéger
Il apporte des secours
Et ne veut rien en retour
Pour lui, la vie est un combat
Et de l'action il y en a
Quand l'Araignée est lààààààààààààààààààààààà...



Je crois que je viens d'écrire le sujet le plus mauvais de toute l'histoire de ce blog. Mais qu'est-ce que c'est bon !



Et puis... belles images, non ?



vendredi 19 octobre 2007

Heu-reux !



Au bout de l'attente, après 15 jours d'indécision et un optimisme qui glisse vers le bas tel le temps dans un sablier, le téléphone sonne et la bonne nouvelle tombe : Je suis pris comme agent administratif à l'ANPE de Sarlat, pour un contrat de deux ans, 26 heures par semaine. Ce qui me laissera, de surcroît, du temps pour continuer dans la voie journalistique en parallèle.


J'ai beau détester les entretiens dans le sens où ils me jouent immanquablement des tours, celui-ci m'avait laissé une bonne impression. Assez pour que je sois satisfait de moi. Tout en sachant que, parmi les candidats, après moi il y aurait les autres... pour une seule place à l'arrivée ! Après l'entretien, des tests bureautiques qui n'ont pas posé de grandes difficultés. Et puis l'attente, longue... et la délivrance, enfin !


Bref, je suis heureux tout simplement. A moi maintenant de tracer ma route, d'utiliser ces nouvelles opportunités pour me faire une place, pour exister tout simplement. Et préparer l'avenir. Deux ans, c'est long mais c'est aussi très court. A moi de me faire mon réseau pour mieux rebondir.


Mais chaque chose en son temps. D'abord savourer, laisser reposer l'esprit, décompresser. Enlever la boule de l'estomac. Sourire, afficher une tête d'ahuri et l'assumer pleinement.


Et partager, avec vous, cette joie qui emplit ma journée.


Merci de votre soutien. Réussir, c'est tout un ensemble de choses... et l'amitié y tient une grande place. C'est quelque chose que je n'ai pas toujours compris par le passé et ça n'en a que plus de valeur.



Heu-reux, je vous dis.


dimanche 7 octobre 2007

Isa, Laurent, Léon et Enéa...


Chaque fois que se produit une rencontre avec des gens du forum, c'est toujours un plaisir partagé. Ici, c'est un peu particulier puisque notre Isa du forum est aussi une amie de longue date. Enfin, de Nath surtout puisqu'elles se connaissent depuis l'enfance (Nath avait 4 ans 1/2). Moi, ça fait seulement 9 ans que je connais la miss.


Elles se sont d'ailleurs toujours suivies, même au niveau mariage puisqu'Isa et Laurent se sont mariés moins de deux mois après nous. Là où ça change, c'est au niveau des marmots puisque Isa et Laurent en sont déjà à deux... Isa m'ayant avoué aujourd'hui qu'elle souhaitait plus que tout mettre un 0 après le 2. Bonne chance aux grandes ambitions. Je plaisaaaaaaaaaante !


Un garçon et une fille donc. Léon, le petit dernier, bientôt deux ans si la mémoire de Nath est bonne, et Enéa, 3 ans.


Toute cette petite famille est donc venue nous rendre visite pour un séjour forcément trop court. Le temps pour eux de découvrir notre nouvelle maison en Périgord, de faire une longue et belle promenade ensoleillée, de regarder le rugby tandis que je feuilletais nonchalamment un album de BD... bref de partager quelques moments heureux à six.


Léon et Enéa se sont vite habitués à leur nouvel environnement. Et plus ils étaient à l'aise, plus j'étais sur le qui-vive. C'est que ça bouge à cet âge là ! Mazette, quelle énergie ! Et quand les deux se liguent, c'est terrible ! Heureusement, il reste le bon vieux Walt Disney (merci Walt ! ) qui n'a pas son pareil pour retenir l'attention de nos chères têtes blondes.


Et puis le soir, quand ça dort (si, si, ça dort !), les adultes tentent de refaire le monde. Ou parfois regardent juste la victoire improbable de la France sur la Nouvelle-Zélande.

Le dimanche matin, nos invités se lèvent tandis que Lewis Hamilton s'immobilise dans le gravier au GP de Shangaï. Ensuite, je pars en mission pour le journal. Et en plus, je trouve le moyen de me perdre. Du coup, je rentre, un peu amer, juste à temps pour assister aux préparatifs de départ de nos amis. Isa et Laurent, ça a toujours été ça. On est toujours triste quand ça touche à la fin parce qu'on se voit peu, une fois par an en moyenne. Alors cette fois, promis, on a décidé de remettre ça le mois prochain. A nous le Tarn !


Léon me fait un bisou, Nath n'aura pas cette chance. Léon s'essuie d'un revers de la main, je ne lui dis pas merci. Enéa, telle une star, nous envoie de la main des paquets de bisous. Et c'est le départ.


Vivement novembre, c'est moi qui vous le dis !

mercredi 3 octobre 2007

Piccolo 12eme partie... la fin !


La journée d’adieu à l’école fut une belle réussite. Le gâteau, finalement acheté par maman, était délicieux. Il faut dire que celui préparé en cuisine avait une allure si bizarre que toute la famille s’était sacrifiée pour le petit déjeuner. Manon et Martin avaient vraiment passé une belle journée. Manon était arrivée maussade à l’école puis s’était rappelée de la conversation de la veille avec sa mère. Il ne lui restait plus qu’une journée à partager avec ses camarades et elle devait en profiter, même si Piccolo n’était jamais bien loin dans ses pensées et qu’il lui tardait de le retrouver. Alors elle avait retrouvé le sourire, blaguant, rigolant… et pleurant même lorsque la maîtresse leur remit, à elle et à son frère, un cadeau de la part de toute la classe, ainsi qu’une grande carte musicale signée par tous. Dans le paquet, il y avait un superbe ouvrage animalier pour Martin et un non moins beau livre sur le cirque, avec plein de grandes illustrations en couleurs, pour Manon.


Un livre qu’elle serrait encore contre sa poitrine une fois l’école terminée tout en traversant le village au pas de course pour rejoindre Piccolo. Celui-ci l’attendait sur le seuil du bar et lui souriait. Un sourire franc et généreux comme il savait si bien les faire. Manon enserra son vieil ami, l’embrassa puis tous deux entrèrent dans la salle principale. Elle mangea sa traditionnelle part de tarte aux myrtilles, but ses deux verres de sirop puis resta avec Piccolo jusqu’à ce que la nuit tombe, ce qui arrivait encore assez tardivement en cette saison. Elle voulait profiter de lui, de ses histoires de clown qu’elle connaissait par cœur. Pas un instant elle n’évoqua son prochain départ. Elle savait que son ami était au courant. Perdre du temps à en parler aurait été superflu. Elle voulait simplement être avec Piccolo, rire et rêver avec lui.


Et c’est ainsi que les quelques jours restants se passèrent. Blanche avait prêté à sa fille son appareil photo numérique et Manon prit des dizaines de clichés cette semaine là. Piccolo s’y plia de bonne grâce, revêtant même son ancien costume pour se laisser aller à quelques pitreries qui firent rire Manon aux larmes. Et puis il y eut aussi ces silences, ces non-dits, ces regards dont on peut lire comme dans un livre ouvert. Et qui disent tout.


Et pour ne pas penser à une fin que tous deux savaient inéluctable, Piccolo et Manon commencèrent même le dressage des deux furets, comme si de rien n’était. Martin avait trouvé le nom du sien le soir même où il l’avait attrapé dans sa cage : Brisby, comme le nom du héros du dernier dessin-animé qu’il ait vu en DVD. Sa sœur s’était moquée, ne trouvant pas ça très original et Martin avait fait la moue. Mais en tout cas, le furet de Manon s’appelait toujours « mon furet » et il fallait bien que ça change. C’est au cours d’une séance de dressage avec Piccolo alors qu’elle était prise d’un fou rire qu’elle trouva le nom. Chaque fois qu’elle essayait d’apprendre un tour à son petit animal, celui-ci la regardait fixement et ne bougeait plus. Et à chaque fois, hilare, Piccolo disait : « Y’a comme un bug ! ». Du coup, elle l’appela Bug, ce qui fit rire le vieux clown encore plus fort.


Bref, leurs journées, c'était ça : tenter de dresser Bug et Brisby, rire, parler, caresser le lama, nourrir le bouquetin, partager des parts de tarte, se déguiser, se maquiller, se raconter des histoires. Des journées bien remplies au final mais qui passaient trop vite. Et si Manon voulait montrer de l’enthousiasme en toutes circonstances en présence de son ami, les nuits de solitude étaient plus difficiles. Car les journées s’égrenaient, impitoyables, et la fillette ne pouvait s’empêcher de compter les jours. Et les cartons envahissant sa chambre comme toutes les autres pièces de la maison d’ailleurs ne cessaient de lui rappeler qu’elle et Piccolo devraient bientôt se séparer. Alors elle sanglotait doucement, le visage contre son oreiller.

Et puis le jour J arriva et il fallut bien se résoudre aux adieux. C’était un dimanche maussade et frais, aux premières lueurs du jour. La veille, les déménageurs avaient embarqué l’essentiel de ce qui pouvait l’être avec Eddy qui était redescendu tard dans la nuit. Il n’était donc pas très frais ce matin mais la route était longue et il ne voulait pas se presser. Blanche le relaierait au volant le cas échéant.
La voiture s’arrêta à hauteur du bar de Piccolo qui était déjà ouvert. A l’arrière du véhicule, on entendait Neptune gronder dans sa cage, placée juste à côté de celle de Bug et Brisby
-Va dire au revoir à ton ami, ma grande, et prends ton temps surtout ! dit Blanche à Manon dont les yeux rougis témoignaient d’une nuit et d’un sommeil passablement agités.

Elle entrouvrit la porte, faisant tinter la petite clochette. En principe, c’était le genre de détail auquel Manon ne prêtait plus attention mais là elle avait l’impression de tout capter comme une éponge : les bruits, les odeurs, les objets devant lesquels on passe sans les voir… et donc la petite clochette qu’elle avait fait tinter tant de fois.
Piccolo était là, derrière le bar, son torchon sur l’épaule. Il lui sourit mais son visage était plus marqué que d’habitude. Tous deux avaient redouté cet instant depuis tant de jours tout en sachant qu’on y viendrait tôt ou tard. Manon contourna le comptoir en courant et se blottit contre le ventre de son ami Piccolo. Elle versa des larmes silencieuses, mêlées de tristesse mais aussi de joie. Celle d’avoir connu Piccolo, d’avoir été « sa princesse », d’avoir partagé tant de bons moments qu’elle n’oublierait jamais. Elle offrit alors à Piccolo son visage baigné de larmes mais souriant, et s’aperçut que le vieil homme en faisait autant. Il la regardait avec cette infinie gentillesse dans le regard, mais ne pouvait plus dissimuler sa peine.
-Ma petite princesse, balbutia t-il, la voix brisée par l’émotion, dis-toi que je serai toujours là pour toi. Même de loin, tu entends. Ton vieux Piccolo t’aimera quoi qu’il arrive. Alors sois forte et ne garde que les bons moments, ce sont les seuls qui valent la peine d’être vécus.
Manon fixait le vieil homme. Elle était certes triste, mais heureuse.
-Je t’aime, mon Piccolo, et ça non plus, ça ne changera jamais. Jamais ! dit-elle en le serrant un peu plus fort.
Ils restèrent comme ça un moment puis Manon déposa un baiser sur la joue du vieil homme avant de sortir en courant, la clochette virevoltant une dernière fois. Piccolo resta là, entendit le bruit d’une portière que l’on claque puis celui d’un moteur qui démarre. Il écarta un rideau de la main, entrouvrit un volet et vit la voiture d’Eddy filer puis disparaître au loin.


Il referma la porte à clef puis éteignit la lumière. Il s’assit à la table la plus proche, son torchon toujours sur l’épaule et resta là, dans l’obscurité. Il pensa longtemps, très longtemps à Manon avant de s’endormir. Et parce qu’il avait été si heureux en compagnie de la fillette, il souriait encore le lendemain lorsque, inquiet de voir les volets désespérément fermés à la mi-journée, Paulo découvrit son corps inanimé. Le vieil homme était parti de sa belle mort, sans souffrance et le sourire aux lèvres. Ses dernières pensées avaient été pour Manon, sa princesse. Il n’avait certes pas réalisé tous ses rêves de vieux clown mais il était parti heureux.



Et à plusieurs centaines de kilomètres de là, Manon rêvait à son ami Piccolo, le vieux clown aux belles histoires.


De celles qui mettent des étoiles dans les yeux.





Fin


Piccolo 11eme partie


-Vous voulez que ce soit moi qui le lui annonce ? demanda Piccolo, tout en resservant Eddy de vin de noix. Aujourd’hui, elle a son cours de soutien mais je la vois demain soir.
Le vieil homme et Eddy avaient l’air de deux chiens battus, tout deux assis à une table à l’intérieur du bar.
-Non, c’est gentil mais c’est à sa mère et à moi de lui annoncer la nouvelle. Manon va sûrement très mal réagir quand elle saura que nous partons à la fin du mois. Elle avait tellement mis de temps pour s’adapter ici. Et puis elle vous avait rencontré, elle avait retrouvé l’envie, le goût des choses. Et était même en passe de combler ses lacunes scolaires. J’ai peur que le choc soit trop rude pour elle. Elle s’est fait son petit monde, sa petite vie autour de vous, de ses amis, du spectacle que vous deviez monter ensemble. Et tout va s’écrouler en quelques instants.
Eddy vida son verre d’une traite. Piccolo le resservit toujours silencieux.
-Le pire dans tout ça, c’est qu’il va nous falloir déménager, tenter de se réadapter ailleurs, dans une grande ville en plus, en Lorraine où il paraît que c’est mort… Manon et Martin vont devoir changer d’école, se faire de nouveaux copains. Et tout ça pour quoi ? Faut pas se voiler la face. Ca commence par des mutations imposées et on sait comment ça finit. Les sites ferment un à un et on se retrouve viré comme un malpropre. Finalement, c’est ça le pire : partir sans savoir de quoi demain sera fait.
Eddy descendit son verre aussi rapidement que le précédent puis se leva.
-Il vaut mieux que je m’en aille. Boire n’a jamais résolu les problèmes. Merci encore Piccolo. Pour tout. Vous êtes ce qui est arrivé de mieux à ma petite Manon.
Il tapota sur l’épaule du vieil homme et sortit précipitamment. Piccolo resta seul, assis à la table, enchaînant sans s’en apercevoir les verres les uns après les autres, noyé sous des larmes qu’il ne pouvait plus contenir.

Manon était écarlate et avait les poings serrés. Elle s’était levée d’un bond tandis que son père et sa mère tentaient de la raisonner. Martin ne comprenait pas tout mais était inquiet de la fureur de sa sœur. Neptune avait précipitamment quitté la pièce.
-Il n’est pas question que l’on parte d’ici ! Jamais, hurla t-elle. Jamais, jamais !
A peine Eddy eut-il giflé sa fille qu’il le regretta. Une gifle âpre, sèche. Manon mit la main à sa joue, surprise, mais ne tarda pas à reprendre ses esprits.
-Je ne partirai pas, vous entendez ! Je vais rester ici, avec mon ami Piccolo et…
La voix de Manon s’étrangla subitement et elle ne put finir sa phrase. Le simple fait d’avoir pensé à son ami le vieux clown fut au dessus de ses forces. Elle s’écroula en larmes dans les bras de sa mère.
-Ecoute ma puce, dit Blanche en prenant les joues de sa fille entre ses deux mains. On comprend tout ça et nous aussi nous souhaiterions rester. Mais ce n’est pas possible. Papa n’a plus de travail ici. Je ne dis pas que c’est juste mais que c’est comme ça. Il n’y a pas le choix. Nous devons partir, quoi qu’il puisse nous en coûter pour chacun d’entre nous.
-Et Piccolo ?, renifla la fillette, je ne peux pas quitter Piccolo… Je suis sa princesse, tu sais, je suis sa princesse !
Blanche avait mal de voir sa fille ébranlée à ce point, pleurant le visage enfoui contre sa poitrine.
-Piccolo est ton ami et ça, ça ne changera jamais. Vous pourrez vous écrire ou même vous téléphoner parfois. Mais tu es une grande personne et je ne veux pas te mentir. Nous nous en allons très loin et je ne pense pas que tu le reverras. D’autant que Piccolo est un vieux monsieur à présent et qu’il ne sera pas possible pour lui de venir nous voir.

Manon renifla de plus belle. Mais sa colère était tombée et elle se sentait lasse. Une immense tristesse l’avait envahie. Elle n’avait jamais envisagé devoir se séparer un jour de son vieil ami Piccolo le clown. Elle se mit à penser aux projets qu’ils avaient ensemble, aux sacrifices qu’il avait faits pour acheter les animaux du futur cirque qui ne verrait jamais le jour. Elle le revoyait surtout en train de lui raconter ses belles histoires, souvent à la lueur des étoiles.
-Ecoute moi Manon, il te reste une dizaine de jours. C’est peu mais c’est beaucoup en même temps. Profite de ton ami Piccolo. Essaie de ne pas penser au départ mais seulement au temps que tu vas passer avec lui. Ce n’est pas facile mais essaie. Sinon, c’est là que tu auras des regrets. Et demain vendredi, ce sera votre dernier jour d’école. J’ai demandé à la maîtresse la permission de vous avoir avec moi la semaine prochaine pour m’aider à préparer les cartons. --Mais ne t’inquiète pas, tu auras beaucoup de temps pour aller voir ton ami Piccolo. Martin m’aidera, ce sera un peu le chef de la famille, rajouta Blanche en levant la voix et en faisant un clin d’œil à sa fille.

Martin hocha la tête, son grand sourire un peu niais sur la figure, et bomba le torse de fierté, ce qui fit sourire Manon qui se sentait un petit peu mieux.
-Excuse moi papa, je regrette d’avoir crié.
-C’est rien ma grande, répondit Eddy qui se sentait au moins aussi gêné que sa fille. C’est oublié.
-Bon, les enfants, c’est bien beau de faire son dernier jour d’école demain mais… si vous m’aidiez à préparer un gros gâteau à emporter pour le goûter avec vos camarades, qu’est ce que vous en dites ?
En poussant de grands cris enthousiastes, Manon et Martin se ruèrent vers les placards et très vite la cuisine s’emplit de traces de farine, d’odeurs de chocolat et d’éclats de rires.



Suite et fin au prochain numéro…

Piccolo 10eme partie


-Martin, viens ici tout de suite ! pesta Manon


-Maman, maman, dis lui d’arrêter, pleurnicha Martin en se réfugiant dans les bras de sa mère. Elle a recommencé !
-Manon, tu exagères, dit Blanche en tentant de prendre un air réprobateur forcé. Martin n’est pas un nom pour un animal. Alors tu vas me faire le plaisir d’en trouver un autre pour ton furet.
-Je trouvais pourtant que ça lui allait bien, rigola Manon pleine de malice, tout en attrapant le furet et en le remettant dans sa cage. Il est comme toi pleurnichard… un peu pataud sur les bords et boudeur dès qu’on lève la voix sur lui.
-Maman, maman, elle continue ! gémit Martin de plus belle, dont les larmes de crocodile n’abusaient personne. Pas sa mère, ni sa sœur en tout cas.
La porte d’entrée claqua. Blanche s’agenouilla et regarda ses deux enfants tour à tour, droit dans les yeux.
-C’est papa qui rentre du travail. Alors je ne veux pas de dispute. Et hors de question que les furets quittent leur cage tant que ton père est dans les parages. C’est bien compris Manon ?
Martin commença à ouvrir la bouche mais Blanche posa un regard sévère sur lui.
-Et toi, je te préviens que je n’aime pas les rapporteurs, tu m’as bien comprise ? Sinon, je te promets qu’il y aura bien deux Martin dans cette maison !
L’enfant acquiesça de mauvaise grâce, une moue de dépit sur le visage. Blanche sortit de la chambre des enfants et referma la porte.

Manon et Martin s’assirent sur leur lit respectif. Tous deux regardaient les deux cages posées au milieu de la chambre, sur la moquette.
-Tu vas pas faire la tête toute la journée, si ? C’est pas possible de chialer pour un rien comme un bébé !
Martin renifla
-T’es une vilaine sœur, et j’vais le dire à maman si tu continues !
Manon soupira
-Oh la la ! Tu le connais ton problème ? T’es trop rigolo, voilà ! J’ai un frère trop rigolo ! Qu’est ce qu’il est rigolo mon petit frère !
La fillette regarda la mine mi-agacée, mi-ahurie de son frère et éclata de rire
-Allez frérot, fais risette ! Et aide moi plutôt à leur trouver un nom… un vrai ! De vrais noms de scène, hein, parce que bientôt, mes furets seront les vedettes du spectacle de mon ami Piccolo.
Manon se leva et ferma la porte de leur chambre à clé. Puis elle ouvrit les deux cages et recula.
-Tu es folle, dit Martin. Ils vont peut-être se bouffer entre eux.
-Ne dis pas d’âneries… Ils étaient déjà ensemble lorsque papa les a retrouvés hier soir sous le vaisselier, après que Neptune les ait chassés dans toute la maison. D’accord, ils n’en menaient pas large mais je pense qu’ils peuvent bien s’entendre. Il le faudra de toute façon pour les numéros qu’ils feront ensemble.
-Ils sont peut-être de la même famille, tu ne crois pas ?
Manon regarda son frère, un peu surprise comme à chaque fois qu’il tenait des propos intelligents.
-Oui, pourquoi pas ? Il faudra que je demande à Piccolo s’il sait quelque chose là-dessus.

Le furet « Martin », d’un brun sombre, observait ce qui se passait autour de lui, visiblement conscient que la cage était ouverte mais pas forcément désireux de mettre le nez dehors. Peut-être avait-il encore en mémoire sa course d’hier… En revanche, le second furet, brun clair avec une belle tâche blanche, semblait moins farouche. Il sortit de sa cage, aperçut le second furet, le regarda quelques instants puis observa les deux enfants. Il se dirigea vers la main que lui tendait Manon, hésita quelques instants, puis s’y blottit à l’intérieur. La fillette avait le regard brillant, toute émue de voir son nouvel ami. Elle porta la main à hauteur de son épaule et le furet y sauta gaiement. Il resta là, reniflant sa nouvelle maîtresse.
-Il faut que je lui trouve un nom maintenant… J’ai pas d’idée, soupira Manon en regardant son frère.

Mais Martin ne la regardait pas. Il fixait la seconde cage avec l’animal toujours à l’intérieur. Il s’approcha doucement, entra l’avant-bras dans la cage et présenta la paume de sa main au furet. Celui-ci hésita, regardant tour à tour le garçonnet et Manon puis grimpa finalement au creux de sa main. Martin eut alors un grand sourire sur le visage et regarda sa sœur, tout content.
Il a retrouvé son air ahuri, pensa Manon, mais elle était contente pour lui. Sincèrement contente.
-Je te propose une chose Martin. Nous allons leur apprendre des tours ensemble, tu veux ? Et comme ils semblent nous avoir adoptés, nous allons chacun trouver le prénom que l’on veut pour notre furet, d’accord ?
Le visage de Martin était lumineux. Il adorait sa sœur dans ces rares instants de franche complicité. Il s’assit à côté d’elle et bientôt les deux furets sautèrent allègrement d’une épaule à l’autre, provoquant les éclats de rire des deux enfants.


Eddy faisait grise mine. Il s’était affalé sur la première chaise venue. Ses traits étaient tirés. Blanche pensa tout d’abord que la journée avait du être sacrément éprouvante. Mais elle se rendit vite compte qu’il y avait autre chose.
-Eddy ? Qu’y a t-il ? Tu m’en veux encore d’avoir voté contre toi au souper d’hier et d’avoir ainsi permis à Manon de garder les deux furets ? Tu sais bien qu’elle s’est engagée à les laisser dans sa chambre et…
-Non ma chérie, soupira Eddy, le regard semblant fixer le vide. Manon et ses animaux de cirque n’y sont pour rien. C’est… c’est le boulot…
Blanche tressaillit. Elle savait que les temps étaient durs depuis plusieurs mois déjà, et que certains de ses collègues avaient été licenciés. Eddy dut sentir que sa femme paniquait et prit ses deux mains entre les siennes.
-Non, ne t’inquiète pas. Je n’ai pas été viré. J’ai la chance d’être chef d’équipe et ils n’ont aucune envie de me voir quitter la boite. Seulement…
-Seulement quoi, Eddy ? insista Blanche en plongeant son regard dans celui de son mari. Dis-le moi !
Eddy prit une profonde inspiration. Il semblait vraiment au bout du rouleau et les larmes n’étaient pas loin.

-Il va nous falloir déménager. J’ai été muté.



A suivre…

mardi 25 septembre 2007

Ecrivain, doux paradoxe...



Depuis une quinzaine de jours, j'ai un objectif et une certitude : je vais sortir mon premier livre. Ne me demandez pas quand, ni comment, mais je vais le faire. J'en ai l'envie. Forte, ancrée. Pas de ces petites envies qui virevoltent au gré des humeurs. Un paradoxe quand on sait que je peux passer de longues semaines sans écrire. Ou sans terminer mes nouvelles. Mais ce n'est pas parce que l'on n'est pas productif que l'écriture ne vous secoue pas en permanence de l'intérieur.

Une certitude donc. Je veux franchir ce palier et je vais y arriver. Pour le reste, c'est un peu flou. Je songe déjà à la préface. Pour le contenu, j'ai envie d'alterner les genres, entre nouvelles, exercices de style et tranches de vie. Finalement, dans mon idée, je me verrais bien coucher une partie de mon blog sur papier. Présenter certains écrits comme Piccolo, en respectant certes l'ordre chronologique, mais en y intercalant d'autres choses, un peu comme je le fais ici. Avec de courts chapitres plus autobiographiques. Enfin, je sais pas trop...

Je dois remercier le jeune écrivain de 18 ans que j'ai interviewé il y a quelque temps déjà. Non pas qu'il m'ait aidé ou que je lui ait demandé quoi que ce soit. Mais avoir vu, puis lu, son premier ouvrage a répondu à certaines questions enfouies en moi comme autant de freins. Déjà, son livre est court, une soixantaine de pages... Je n'ai donc pas besoin de pondre un pavé. Mais c'est surtout le découpage de son livre qui est comme une révélation. Simple mais je n'y avais jamais pensé sous cet angle. Il est divisé en anecdotes, ce qui lui permet de parler de sa vie ou du regard qu'il porte sur le monde qui l'entoure sans subir les contraintes d'un roman par exemple.
Il écrit deux, trois pages sur un thème qu'il veut partager avec le lecteur, puis passe à un autre et ainsi de suite.

Du coup, ça m'ôte une sacrée épine du pied. Car, comme tout écrivain, je suis quand même obligé de me purger de certains pans de ma vie qui m'angoissent ou qui ont pu me meurtrir. Avec cette envie de les coucher sur papier tout en me disant : "Tu ne feras jamais une histoire de 150 pages avec ça". Je n'ai jamais pensé ne pas faire une histoire mais au contraire plusieurs.
Tout au plus ai-je eu vaguement l'idée d'un recueil de nouvelles...

Mais en fait, je peux aller bien au delà, mélanger les genres, entrecouper la fiction de mes nouvelles d'anecdotes plus intimistes qui composeront autant de chapitres supplémentaires. J'ai envie de ce joyeux bordel qui aura quand même sa cohérence : les anecdotes sur ma vie ne seront finalement que le prolongement d'un processus qui permettra au lecteur de mieux comprendre mes écrits.

Bref, je suis excité. Et je vais foncer. Peu importe que je ne sois peut-être pas "au top" d'un point de vue littéraire. Je préfère le brut et l'authentique à une construction trop rigide, trop codifiée.



Je me demande si je ne tiens pas là une bonne partie de ma préface...

lundi 24 septembre 2007

Nath, au sommet de l'Everest



Il y a quelques mois, Nath aurait pu sombrer. Elle aurait pu se briser sur les écueils laissés ci et là par son patron et ne pas s'en relever. Elle aurait pu, comme moi en 2001, se battre contre le vent et y laisser un bout d'âme. Pour finalement rompre.

Sauf que Nath a plié mais n'a pas rompu. Passé le temps des larmes, elle est repartie de l'avant. Malgré le harcèlement moral parce que je persiste à dire qu'il n'y a pas d'autre mot pour qualifier le comportement de son patron qui a outrepassé ses droits en lui mettant une épée de Damoclès au dessus de la tête, voire même tout contre la gorge.

Pendant ces quelques mois d'incertitude, j'ai ruminé ma rancoeur née d'expériences malheureuses. On aurait voulu m'atteindre directement que ça ne m'aurait pas fait plus de mal. J'étais prêt à me battre. Et à aller loin.

Pendant ce temps, Nath se battait aussi. Avec courage et surtout, sans jamais se laisser abattre, sans jamais cesser d'y croire. Avec intelligence également. Elle aurait pu se laisser envahir par une forme de haine qui aurait pu fausser son jugement. Et finir de discréditer son travail. Fort heureusement, elle ne me ressemble pas. Nath est incapable de noirceur, de méchanceté. Durant ces semaines où le stress ne l'aura pas épargnée, elle n'a eu qu'une seule ligne de conduite : aller de l'avant, prouver sa valeur, apprendre encore et encore... Bref, faire mentir tous ceux qui ne la croyaient pas capable.

Alors ce soir, je suis fier. Parce que Nath s'est faite toute seule. Bien sûr, il y a l'environnement familial, les amis, les soutiens... Mais une fois dans l'arène, on est seul. Et elle a définitivement montré qu'elle avait toute sa place au sein de cette entreprise. Elle en ressort donc grandie, probablement à ses propres yeux, mais sûrement aussi aux yeux de ceux qui la côtoient de près comme de loin. Tout ce qu'elle a acquis, elle ne le doit qu'à elle seule, à son abnégation, à la confiance en son jugement, aux défis qu'elle s'était promis de relever.

Alors oui, je ne suis pas forcément objectif mais peu importe. C'est mon blog après tout et s'il ne contient pas de vérités, il contient ma vérité. Celle qui me fait avancer avec Nath depuis quelque temps déjà. Et qui me fait découvrir chaque jour un peu plus que, sous la femme douce et pacifiste, il y a aussi quelqu'un qui sait ce qu'elle veut et, peut-être plus important encore, ce qu'elle ne veut pas.


Elle a tracé sa voie. Je n'ai plus qu'à lui emboîter le pas et trouver mon propre chemin.