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samedi 5 avril 2008

La guerre des moutons



« Là où Isa passe, la poussière trépasse » ou « La poussière ne passera pas par Isa » pourraient être quelques uns des multiples slogans publicitaires si notre amie venait à se reconvertir dans une entreprise de nettoyage par exemple.


Après environ 10 années d’amitié, j’ai des foules de souvenirs en tête, tous plus émouvants les uns que les autres : Isa avec un Spir 2000, Isa avec un balai, Isa avec un balai brosse, Isa avec un aspirateur, Isa avec une éponge… (La série des « Martine » n’a qu’à bien se tenir)


Et pas moyen d’y échapper : Si, en mangeant, je m’avance trop sur ma chaise, Isa attaque aussitôt la nappe avec une éponge. Si je change de tactique en me reculant, elle rapplique aussi sec avec une brosse et une petite pelle à l’attaque de l’unique miette sur le carrelage.


Elle est comme ça, Isa. Serviable en toutes circonstances. Alors ce week-end, nous lui avons acheté des chocolatines bien croustillantes, celles qui laissent tomber des miettes par poignées entières. Il fallait la voir ensuite, les larmes aux yeux, si heureuse de pouvoir se consacrer à son passe-temps favori. Et nous, tous autour d’elle, étions si touchés de la voir si épanouie que nous la regardions faire en silence, l’estomac noué par tant d’émotion.


Alors, j’ai immortalisé ce moment. Unique, je vous dis. Regardez cette joie, ce sourire, cette gratitude !


C’est beau, non ?


vendredi 2 mars 2007

Pour une amie...


Le chat et le soleil


Le chat ouvrit les yeux,

Le soleil y entra.

Le chat ferma les yeux,

Le soleil y resta,


Voilà pourquoi, le soir,

Quand le chat se réveille,

J'aperçois dans le noir

Deux morceaux de soleil.



Maurice Carême




La palissade


Le chat noir de la palissade

Promène son museau partout,

C'est un pirate en embassade,

Le chat noir qui s'en vient chez nous.

Dans le jardin ou sur le toit,

En mille et une escapades

De tous côtés, il est le roi.


Il est le tigre du Bengale

Et le prince des maraudeurs,

Sa moquerie est sans égale:

Ce chat-là est un chapardeur.


Il faut le voir, cet escogriffe,

Ce gracile animal ingrat

Qui lacère à grands coups de griffe

Les détritus de papier gras.


Il mène sa vie à sa guise,

Ne faisant que ce qui lui plaît,

Il se complaît dans des bêtises

Qui ne valent pas un couplet.


Et cependant si ce vaurien

Ne commet que des incartades

A la maison, on l'aime bien,

Le chat noir de la palissade.


Henri Monnier




Le petit chat


C'est un petit chat noir, effronté comme un page.

Je le laisse jouer sur ma table, souvent.

Quelquefois il s'assied sans faire de tapage;

On dirait un joli presse-papier vivant.


Rien de lui, pas un poil de sa toison ne bouge.

Longtemps, il reste là, noir sur un feuillet blanc,

A ces matous, tirant leur langue de drap rouge,

Qu'on fait pour essuyer les plumes, ressemblant.


Quand il s'amuse, il est extrêmement comique,

Pataud et gracieux, tel un ourson drôlet.

Souvent je m'accroupis pour suivre sa mimique

Quand on met devant lui la soucoupe de lait.


Tout d'abord de son nez délicat il le flaire,

Le frôle; puis, à coups de langue très petits,

Il le lampe; et dès lors il est à son affaire;

Et l'on entend, pendant qu'il boit, un clapotis.


Il boit, bougeant la queue et sans faire une pause,

Et ne relève enfin son joli museau plat

Que lorsqu'il a passé sa langue rêche et rose

Partout, bien proprement débarbouillé le plat.


Alors, il se pourlèche un moment les moustaches,

Avec l'air étonné d'avoir déjà fini;

Et, comme il s'aperçoit qu'il s'est fait quelques taches,

Il relustre avec soin son pelage terni.


Ses yeux jaunes et bleus sont comme deux agates;

Il les ferme à-demi, parfois, en reniflant,

Se renverse, ayant pris son museau dans ses pattes,

Avec des airs de tigre étendu sur le flanc.


Mais le voilà qui sort de cette nonchalance,

Et, faisant le gros dos, il a l'air d'un manchon;

Alors pour l'intriguer un peu, je lui balance,

Au bout d'une ficelle invisible un bouchon.


Il fuit en galopant et la mine effrayée,

Puis revient au bouchon, le regarde, et d'abord

Tient suspendue en l'air sa patte repliée,

Puis l'abat, et saisit le bouchon et le mord.


Je tire la ficelle, alors, sans qu'il le voie;

Et le bouchon s'éloigne, et le chat noir le suit,

Faisant des ronds avec sa patte qu'il envoie,

Puis saute de côté, puis revient, puis refuit.


Mais dès que je lui dis: "Il faut que je travaille;

Venez vous asseoir là, sans faire le méchant!"

Il s'assied ... Et j'entends, pendant que j'écrivaille,

Le petit bruit mouillé qu'il fait en se léchant.


Edmond Rostand

lundi 5 février 2007

Cendres


Est-ce tout ce qui reste d’une amitié perdue ? Des cendres sur lesquelles rien ne repousse ?

Lorsque les rires, les heures passées ensemble, les regards libres de tout mot s’éteignent et laissent place à un mépris, une incompréhension, une souffrance… on ne peut s’empêcher de penser… est-ce que tout cela en valait la peine ?

Lorsque le sentiment qui domine est une impression de gâchis, de destruction de soi et de l’autre, ne voudrait-on pas n’avoir jamais connu ça ? Mais comment zapper de sa mémoire des mois de complicité et de confiance ? Tout sauf facile. Enfin, pour moi. J’aimerais avoir l’assurance de ceux qui tournent la page sans jamais se retourner. Ceux-là même qui prétendent partager cette souffrance mais qui se délectent dans l’ombre de vous avoir cassé, comme un jouet passé de mode.

Car est-ce le rôle d’un ami de vous estimer malade parce que vous n’êtes pas comme lui à bien des égards ? Pourquoi une rupture, à partir du moment où elle est incontournable, devrait-elle passer par des règlements de compte, des petites phrases assassines ? Pourquoi une telle remise en question de tous les bons moments qui ont été l’essence même et la force de cette amitié ?

Je ne dois pas généraliser. Ne pas tomber dans cette facilité qui me ferait oublier que, parfois, l’amitié est bien douce. J’ai ici deux amis extraordinaires qui me prennent comme je suis. Qui goûtent mes qualités sans se détourner de mes défauts. Qui pardonnent ce côté impulsif de l’animal blessé, animal à fleur de peau et d’autant plus difficile à apprivoiser. Des amis dont douter de l’amitié, ne serait-ce qu’un instant, ne m’effleurerait jamais.

J’ai donc perdu une amitié. Un peu plus probablement. Et côtoyé sa haine de fin de vie.

Ne restent que les regrets… et des cendres encore fumantes.

Des cendres sur lesquelles rien ne repoussera… peut-être…

vendredi 2 février 2007

Et vive les p'tits belges !!!


Le titre n'est pas de moi mais de mon ami Réverbères (dont l'excellent blog est à savourer ici )

C'est vrai qu'un sujet sur nos amis belges s'imposait, tant ce pays regorge de talents...


En tant que Bédéphile, je pense tout de suite à Franquin, dont j'ai déjà dit tout le bien que je pensais... mais aussi Hergé (je n'étais pas friand de Tintin, mais quand même quel visionnaire ! ), Roba (Boule et Bill), Morris (Lucky Luke) ou encore Peyo (La la la Schtroumpf la la... v'nez schtroumpfer en coeur...) ... ou d'autres qui me parlent sûrement moins... comme Geluck... Bon, j'aime bien certaines choses chez lui, il a notamment d'assez bonnes idées... Mais j'ai du mal à le considérer comme un dessinateur BD... et puis il m'agace, c'est vrai quoi, on le voit partout... bref, je sature complètement...

En tant que cinéphile non averti, j'ai eu la surprise de découvrir qu'Audrey Hepburn était belge, née à Bruxelles... Alors là, je n'en suis pas revenu... Heureusement pour nos amis belges d'ailleurs... Imaginez, s'ils n'avaient eu que Jean-Claude Van Damme ! Alors lui franchement, on ne vous l'envie pas ! Nous, on a mieux comme acteurs comiques... Bon d'accord, vous avez Benoît Poelvoorde et nous, Michaël Youn... ok, ça va, ça va... ça va ! (ma remarque tombe d'autant plus à plat que Youn n'est ni acteur, ni comique donc...)





Vous avez Brel, Simenon, Soeur Emmanuelle (si, si ! Moi personnellement, je savais pas ! ), Marguerite Yourcenar, Amélie Nothomb, Christine Ockrent...

Et, on y revient toujours, Salvatore Adamo...
Belle brochette de grands talents en tout cas !

vendredi 12 janvier 2007

Village en péril...


Il était une fois un petit commerce Tabac Presse. Ce lieu incontournable pour les habitants proposait les journaux et autres revues, des confiseries, des jeux à gratter et un coin tabac juste derrière les deux sympathiques vendeuses, la mère et sa fille.


J’ai vécu cinq ans dans ce petit village entouré de vallées verdoyantes. Friand de magazines, je m’arrêtais au Tabac Presse presque quotidiennement. Souvent même, j’achetais sans avoir prévu de le faire. Parfois, je n’achetais rien. Juste le plaisir de passer, de dire un petit bonjour amical. Lorsque j’étais dans cette boutique, j’avais vraiment du mal à en repartir. Pourtant, l’endroit n’avait rien de luxueux. Un petit local aménagé. Mais du passage. Enfin parfois. Mais de moins en moins.


A quinze bornes de là, un autre village. Mais plus gros. Plus dynamique. Plus de commerces. Et surtout avec une grande surface.


Alors les gens du petit village ont pris leur voiture et se sont rendus à cette grande enseigne. Ils ont fait des pleins. Et ce faisant, ils se sont aussi arrêté au Tabac Presse du gros village.


Fatalement, le Tabac Presse du petit village a vu sa fréquentation baisser. A cela s’est ajoutée la cabale contre les cigarettes qui a entraîné une chute significative des ventes. Cabale ô combien nécessaire mais si injuste pour de petits commerces qui ne peuvent compenser cette perte de revenus.

Aujourd’hui, je suis revenu dans ce petit village, moi qui vis dans le grand depuis plus de deux ans maintenant. J’y suis revenu pour faire deux articles, l’un sur le passage des bibliobus dans les campagnes, initiative importante s’il en est pour la diffusion de la culture dans les zones rurales, et l’autre sur un commerce de vêtements.


C’est là précisément que j’ai appris la nouvelle. Le Tabac Presse vit ses dernières heures. Lundi, le magasin sera définitivement fermé. Seuls quelques journaux d’informations seront en vente à la boulangerie. Mais pour le reste…

Que dire ? Je n’aime pas les motifs commerciaux de la grande distribution. Mais je vois aussi la différence financière entre un plein fait dans une épicerie de village et un plein fait en grande surface. Et pas question pour moi de critiquer la lutte anti-tabac… Mais est-il juste que les petits commerçants paient au prix fort ces changements ?
Comment pérenniser les petits commerçants et artisans, éviter la lente agonie de ces villages qui se meurent ?

Y a t-il un remède ? Je ne le pense pas. Mais lorsque l’on arpente des rues que l’on a connues vivantes autrefois et qui sont frappées de désolation, il y a tout de même un petit pincement au cœur.

Je connais une mère et sa fille qui doivent chercher un peu de lumière ce soir…

lundi 8 janvier 2007

Entre les lignes

Ca faisait quelque temps que ça me turlupinait... le titre de mon blog ne me convenait pas.
C'est pas pour autant que j'avais une idée de ce qui me conviendrait.

"De moi à vous : Ecrits et autres bafouilles"... Je me suis demandé si je n'avais rien d'encore plus pompeux en stock. Déjà, "de moi à vous", rien que ça je trouvais que c'était d'une prétention inouie. Moi d'un côté et vous de l'autre. Je me suis dit : "A quoi ça rime cette barrière ?"
Bien sûr, on pourra me rétorquer qu'il y avait la notion d'échange, de "don" de quelque chose.
Mais je n'en suis pas convaincu. J'ai trouvé mon titre dans la précipitation et plus je laissais de messages dans ce blog, moins je trouvais qu'il me correspondait.

Alors j'ai longtemps cherché... un truc autour des mots, de l'écrit. Je suis même tombé assez bas et vous avez ainsi échappé aux "Bris de mots" pour lequel j'ai pourtant bien failli opter un jour de grosse fatigue générale.

Et puis "Entre les lignes" m'est apparu. Oh, ça n'a pas été transcendant. Je n'ai pas sauté de joie, non. Mais j'ai trouvé qu'il me correspondait pas trop mal. Ou qu'il correspondait assez bien à l'idée que je me faisais de mon blog, de l'orientation que je voulais amener.
Dans mes écrits, (comme pour bon nombre d'auteurs d'ailleurs, qu'ils soient amateurs ou confirmés) je ne dis que ce que j'ai bien envie de dire. Le reste est soumis à toutes les interprétations. Le but est de peu me dévoiler et de vous laisser trouver d'autres éléments en lisant entre les lignes.

Enfin, ça, c'est en théorie, parce qu'en pratique je trouve que j'ai une fâcheuse tendance à trop en dire. J'ai beau enrober tout ça de fiction plus ou moins inspirée, j'ai l'impression que j'en dis quand même pas mal sur moi.

Va falloir que ça change tout ça...

samedi 6 janvier 2007

Orages

Je ne sais pas pourquoi je parle de ça mais bon... une envie comme une autre...


J'ai toujours été fasciné par les orages, par la couleur du ciel bleu sombre, par ces éclairs qui le zébrent. Le vent dans les feuillages. Les éclairs qui envahissent les pièces pour disparaître aussitôt. Ou le corps d'une femme qui se presse contre le mien lorsque le tonnerre fait des siennes.

Je me suis retrouvé une fois sous un orage. Je pensais avoir le temps de rentrer. Sauf que le temps, je ne l'ai pas eu. Une saucée terrible, un ciel d'apocalypse, de gros paquets de nuages.
Je me suis mis à courir. A un moment, je me rappelle avoir longé les murs de la fac. L'herbe venait d'être tondue. J'ai toujours adoré cette odeur d'herbe coupée. Je me suis sentis comme hypnotisé. Il n'y avait pas un chat dehors, j'étais trempé de chez trempé mais je n'arrivais pas à me détacher de cette odeur qui m'envoûtait, ni de ce ciel qui m'enveloppait tout entier. J'ai remarqué un porche à quelques mètres et m'y suis abrité. Les effluves de la pelouse me montaient aux narines tandis que mes yeux savouraient le spectacle.




Je vous l'avais bien dit que ça n'avait rien d'intéressant....



... une petite photo pour la route ?





mercredi 3 janvier 2007

L'animal blessé



Tapi dans l’ombre, il lèche ses plaies. Le corps est ramassé mais l’œil reste vigilant. Oreilles dressées, il est aux aguets. Plus par habitude que par véritable peur. Car si l’animal a pris des coups, il a eu le temps d’en donner aussi. La bête n’est pas sans ressource. Oh que non ! La langue n’en finit pas de passer et repasser sur les blessures. Ce sera long mais elles cicatriseront. Elles cicatrisent toujours. Enfin, plus ou moins bien. Suffisamment en tout cas pour lui permettre de continuer à se battre.
En face, son adversaire est pantelant. Mais ne le quitte pas du regard non plus. Une vingtaine de mètres les sépare. Un pont entre eux ? Oh non ! Tout juste un fossé ridicule. Si facile à franchir. Mais aucun des deux ne tentera rien. Pour l’instant.
Les deux bêtes se jaugent, se toisent, tentent de s’impressionner. L’une a déjà livré une dure bataille au sein de sa propre meute. Elle a terrassé sa mère après un combat âpre. Un combat court mais si intense. Explosion de cris et de fureur. Meurtrissures jusqu’au plus profond de la chair. Et un seul vainqueur possible. Le fils en l’occurrence. Ensanglanté mais debout, l’âme en miettes. Le cœur à terre. Avec l’instinct de survie comme seul gage d’avenir.
Mais les batailles ne l’effraient plus. Il est prêt à repartir au combat si nécessaire. L’autre semble plus frais ? Qu’importe ! Il est de ces combats dont l’issue incertaine constitue le seul piment de la confrontation.
L’autre, en face, ne bouge pas. Il y a encore quelques heures, ils jouaient ensemble. Meute différente mais même espèce. Aucune raison de se méfier à priori…et pourtant ! Maintenant, on ne joue plus. L’insouciance a disparu. La confiance aussi.
L’animal a tellement léché sa plaie qu’il n’a même plus le goût du sang dans la bouche. Petit à petit, il récupère. L’autre a dû le sentir. Car il ne lui laissera pas davantage de temps. Les mâchoires claquent presque à l’unisson et les deux corps, affaiblis mais puissants, tombent l’un contre l’autre.
Grognements de rage ou hurlements de douleur… Difficile de dire qui s’en sortira cette fois-ci… La jungle est ainsi faite. Ni vainqueur, ni vaincu. Eternel recommencement de combats pathétiques entre animaux blessés. Entrecoupés de quelques illusions d’amour.

FD, le 3 janvier 2007

samedi 30 décembre 2006

Angoisse du 1er janvier

Dans quelques dizaines d’heures, nous y serons… et comme chaque année, il va être de bon ton de souhaiter une bonne année à tout va.

S’il y a bien une chose que je déteste, c’est bien ça. Sortir de ma tanière un 1er janvier avec la hantise, à chaque mètre de rue parcouru, de croiser une personne tout sourire et qui me débitera un « bonne année » tonitruant, aussi hypocrite que malvenu.

Parce que vous je sais pas, mais moi, il y a les gens que j’aime et les autres. Les premiers, je veux leur bonheur en permanence, pas seulement lorsqu’une occasion de le leur souhaiter se présente. Et puis, les vrais amis, ceux que l’on compte sur les doigts d’une main (et encore !), je n’ai même pas besoin de le leur dire. Ils le savent, le sentent. Parfois, simplement, je le leur dis quand même, parce que ça fait du bien de se l’entendre dire de temps en temps.

Mais les autres…. Ceux que l’on croise une à deux fois par an et dont on se fout royalement (la réciproque est vraie en général), les faux derches qui disent bonne année comme on dit bonne journée…. Alors ceux là… je peux pas, je n’y arrive pas.

Alors lorsque quelqu’un me dit bonne année, je me dois de rester poli malgré tout. Alors je dis merci. Et je continue ma route…

C’est quand même drôle tous ces gens qui, un 1er janvier, se découvrent une conscience ou un altruisme de pacotille…

Mes amis, les vrais, ceux qui partagent ma route, je vous aime… Quant aux autres, allez caqueter « bonne année » à tout va si ça vous chante… mais sans moi…

Je me demande si les dictateurs se la souhaitent entre eux, avant de se livrer à des génocides sans commune mesure…

vendredi 29 décembre 2006

Petite exclu pour les amis

Depuis hier que j'ai créé ce blog sans prétention, j'ai mis en ligne des nouvelles datant déjà de quelques mois et que certains d'entre vous ont pu lire par ailleurs.
Mais "Blanche" a une histoire. Disons plutôt qu'elle a fait suite à un déclic de ma part.

Car après "Toby" et "Humeurs Assassines", j'ai eu une longue panne d'inspiration. De longs mois de disette créative. Avec les peurs et les doutes qui vont avec.

Alors, un jour, j'ai posé tout ça par écrit, j'ai enrobé le tout avec un peu d'humour, en forçant un peu le trait mais.... le fait est que "Blanche" a été écrit peu après...

Alors ces petites réflexions, ces quelques mots posés un jour de grande solitude en plein mois de juin, je voulais les partager avec vous ce soir. Bonne lecture et merci à tous ceux qui font que les choses ne s'arrêtent jamais véritablement...


(un jour de juin 2006)

La voix de Nicolas Peyrac avait beau me chanter de « laisser glisser », je me sentais malgré tout assez contrarié. Cela faisait plusieurs mois que je n’avais rien écrit depuis « Toby ». J’étais véritablement confronté à l’angoisse de la page blanche. Avec l’imagination en panne. Panne sèche. Et pas un mécano à moins de 1000 bornes à la ronde. C’est bien simple : je me serais senti moins seul dans le désert.
Vous connaissez le film « Cube » ? Pour résumer, c’est un groupe de personnes qui se retrouvent enfermées dans un cube gigantesque divisé en petits cubes. Pendant tout le film, les personnages tentent de trouver la sortie en passant d’un petit cube à un autre. Sans jamais en voir le bout. Alors évidemment, dit comme ça, c’est pas très passionnant. C’est sûrement ce qu’a du penser le scénariste qui a donc mis des pièges dans les cubes. Je suis d’accord avec vous : ça rehausse sacrément l’intérêt. Sauf que moi, je m’éloigne, là.
Donc depuis trois mois, j’ai mon gros cube personnel, avec plein de petits cubes à l’intérieur.
Je passe des uns aux autres. Inlassablement. Les cubes sont vides. Il n’y a rien. Pas même des pièges. (Remboursez ! Remboursez !) Le but est de retrouver la sortie. Le panneau « Inspiration » qui doit clignoter comme les boucles d’oreilles de ma copine Christine. (Christine, c’est quelqu’un qui doit avoir une côte terrible avec les enfants ; faut dire qu’elle se trimballe toujours avec du chocolat suisse !)

Je suis donc en panne d’inspiration. Comme d’autres sont en panne d’amour, ou d’affection. Cela dit, il n’y a pas de grandes différences. Parce que si vous n’écrivez plus, on ne vous lit plus. A partir de là, c’est assez traumatisant : vous ne touchez plus les gens et les gens finissent par s’éloigner de vous. Parce qu’ils ne peuvent pas passer tout leur temps à vous attendre non plus.

J’ai tout essayé pour retrouver l’inspiration. Elle n’est pas revenue pour autant. Mais l’obsession oui.
Exemple : Le matin, je me lève pour prendre une douche. Pas moyen d’être tranquille, voici mon neurone qui me siffle : « pst ! La salle de bain… ça pourrait faire un bon point de départ, non ? Un crime dans la cabine ! ». Après, je vais à la cuisine chercher mes céréales. Neurone se manifeste à nouveau : « Un empoisonnement, le voilà le début de ton histoire ! »
Pour peu qu’ensuite je me connecte sur mon PC, Neurone est là, fidèle au poste : « Waa-haa ! Un polar autour des nouvelles technologies, avec des secrets d’Etat, et tout, et tout… »

Voilà mes journées en ce moment. Et ça marche aussi à l’extérieur. Ce matin, il y avait le marché au village. Neurone a failli l’ouvrir. Mais je lui ai dit qu’un voleur de tomates perdu dans Villefranche, ça ne passionnerait pas les foules. Même chose à la médiathèque. Le huis-clos me semblait d’un intérêt limité.

Il y a une semaine, j’ai cru au miracle. Un concert unique. Vraiment. Et là, les mots qui tombent en cascade. Des émotions, des impressions. Et les mots qui n’en finissent pas de couler.

Et puis plus rien. Jusqu’à hier soir. Je n’avais pas osé revenir jusqu’à lui. Alors, il s’est avancé vers moi. Il m’a dit qu’il aimerait bien qu’on reprenne notre histoire. Alors mes doigts ont dansé sur le clavier. Le chemin promet d’être long, douloureux parfois, sinueux sûrement.

L’inspecteur Fergusson est de retour.