La journée n'avait pas particulièrement mal commencé. D'accord, je m'étais couché à 4 h du matin pour rendre mes articles à peu près dans les temps, c'est-à-dire avec du retard quand même.
Du coup, il ne fallait pas s'étonner que je sois encore au lit ce matin sur les coups de 11 h.
C'est précisément là que tout s'est écroulé.
Nath est rentrée, en larmes et virée.
Virée. Rien que d'en parler, j'ai une boule à l'estomac.
Virée parce que ses employeurs ont orienté son poste d'assistante de direction (pour lequel elle a été recrutée) en un poste d'assistante-comptable (pour lequel elle a juste quelques notions).
Virée alors qu'elle a eu deux mois de période d'essai, période à l'issue de laquelle elle a été maintenue dans ses fonctions.
Cette décision n'est pas à effet immédiat. Ils disent vouloir lui trouver autre chose, ailleurs mais hors de l'entreprise. Et ne pas la laisser tomber. Je rigole doucement.
J'ai des pensées plein la tête. Galères. Prud'hommes. Factures. Avenir. Touchés, coulés.
J'ai appelé mon journal, histoire de leur dire que la donne avait changé. S'ils veulent me garder, ils vont devoir m'apporter des garanties. Sinon, je ferai autre chose. Bien obligé.
Nath est retournée bosser cet après-midi. Elle pense pouvoir les faire changer d'avis. C'est tout Nath, ça ! Adorable mais à cent lieux des réalités. Le sentimentalisme en entreprise, c'est dépassé. Tout juste peut-elle espérer un sursis... peut-être. Reculer pour mieux sauter.
J'ai le cerveau plein de brume. L'avenir n'est guère prometteur. On va bien évidemment me dire que derrière, il y aura une embellie...
Personnellement, je n'y crois plus.