vendredi 29 décembre 2006

Petite exclu pour les amis

Depuis hier que j'ai créé ce blog sans prétention, j'ai mis en ligne des nouvelles datant déjà de quelques mois et que certains d'entre vous ont pu lire par ailleurs.
Mais "Blanche" a une histoire. Disons plutôt qu'elle a fait suite à un déclic de ma part.

Car après "Toby" et "Humeurs Assassines", j'ai eu une longue panne d'inspiration. De longs mois de disette créative. Avec les peurs et les doutes qui vont avec.

Alors, un jour, j'ai posé tout ça par écrit, j'ai enrobé le tout avec un peu d'humour, en forçant un peu le trait mais.... le fait est que "Blanche" a été écrit peu après...

Alors ces petites réflexions, ces quelques mots posés un jour de grande solitude en plein mois de juin, je voulais les partager avec vous ce soir. Bonne lecture et merci à tous ceux qui font que les choses ne s'arrêtent jamais véritablement...


(un jour de juin 2006)

La voix de Nicolas Peyrac avait beau me chanter de « laisser glisser », je me sentais malgré tout assez contrarié. Cela faisait plusieurs mois que je n’avais rien écrit depuis « Toby ». J’étais véritablement confronté à l’angoisse de la page blanche. Avec l’imagination en panne. Panne sèche. Et pas un mécano à moins de 1000 bornes à la ronde. C’est bien simple : je me serais senti moins seul dans le désert.
Vous connaissez le film « Cube » ? Pour résumer, c’est un groupe de personnes qui se retrouvent enfermées dans un cube gigantesque divisé en petits cubes. Pendant tout le film, les personnages tentent de trouver la sortie en passant d’un petit cube à un autre. Sans jamais en voir le bout. Alors évidemment, dit comme ça, c’est pas très passionnant. C’est sûrement ce qu’a du penser le scénariste qui a donc mis des pièges dans les cubes. Je suis d’accord avec vous : ça rehausse sacrément l’intérêt. Sauf que moi, je m’éloigne, là.
Donc depuis trois mois, j’ai mon gros cube personnel, avec plein de petits cubes à l’intérieur.
Je passe des uns aux autres. Inlassablement. Les cubes sont vides. Il n’y a rien. Pas même des pièges. (Remboursez ! Remboursez !) Le but est de retrouver la sortie. Le panneau « Inspiration » qui doit clignoter comme les boucles d’oreilles de ma copine Christine. (Christine, c’est quelqu’un qui doit avoir une côte terrible avec les enfants ; faut dire qu’elle se trimballe toujours avec du chocolat suisse !)

Je suis donc en panne d’inspiration. Comme d’autres sont en panne d’amour, ou d’affection. Cela dit, il n’y a pas de grandes différences. Parce que si vous n’écrivez plus, on ne vous lit plus. A partir de là, c’est assez traumatisant : vous ne touchez plus les gens et les gens finissent par s’éloigner de vous. Parce qu’ils ne peuvent pas passer tout leur temps à vous attendre non plus.

J’ai tout essayé pour retrouver l’inspiration. Elle n’est pas revenue pour autant. Mais l’obsession oui.
Exemple : Le matin, je me lève pour prendre une douche. Pas moyen d’être tranquille, voici mon neurone qui me siffle : « pst ! La salle de bain… ça pourrait faire un bon point de départ, non ? Un crime dans la cabine ! ». Après, je vais à la cuisine chercher mes céréales. Neurone se manifeste à nouveau : « Un empoisonnement, le voilà le début de ton histoire ! »
Pour peu qu’ensuite je me connecte sur mon PC, Neurone est là, fidèle au poste : « Waa-haa ! Un polar autour des nouvelles technologies, avec des secrets d’Etat, et tout, et tout… »

Voilà mes journées en ce moment. Et ça marche aussi à l’extérieur. Ce matin, il y avait le marché au village. Neurone a failli l’ouvrir. Mais je lui ai dit qu’un voleur de tomates perdu dans Villefranche, ça ne passionnerait pas les foules. Même chose à la médiathèque. Le huis-clos me semblait d’un intérêt limité.

Il y a une semaine, j’ai cru au miracle. Un concert unique. Vraiment. Et là, les mots qui tombent en cascade. Des émotions, des impressions. Et les mots qui n’en finissent pas de couler.

Et puis plus rien. Jusqu’à hier soir. Je n’avais pas osé revenir jusqu’à lui. Alors, il s’est avancé vers moi. Il m’a dit qu’il aimerait bien qu’on reprenne notre histoire. Alors mes doigts ont dansé sur le clavier. Le chemin promet d’être long, douloureux parfois, sinueux sûrement.

L’inspecteur Fergusson est de retour.

1 commentaire:

Cath a dit…

Dans les coulisses de l'inspiration... tu nous balades avec humour : sympa !
Mais les plus belles histoires que tu écris ne sont-elles pas celles que tu ressens? celles que tu as envie ou besoin d'exprimer ? Ce qui n'est pas simple à dire peut s'habiller de fiction...
Cherche un peu du côté du coeur. :-)